Quand on continue d’assassiner le président Jovenel Moïse

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On peut assassiner un homme une première fois par les balles. On peut aussi l’assassiner une seconde fois par le mensonge.

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On peut assassiner un homme une première fois par les balles. On peut aussi l’assassiner une seconde fois par le mensonge.

Cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, il est profondément troublant de constater que certains s’acharnent encore à déformer les faits, à travestir l’histoire et à salir sa mémoire. Ceux qui répandent de fausses accusations contribuent, consciemment ou non, à prolonger le crime commis dans la nuit du 7 juillet 2021.

Jovenel Moïse était un président qui avait choisi de remettre en cause des privilèges solidement établis et de questionner un système politique, économique et oligarchique dont les intérêts étaient puissants. Que l’on partage ou non son action politique, personne ne devrait accepter que la vérité soit sacrifiée au profit de la rumeur ou de la manipulation.

C’est dans cet esprit que je me vois obligé de réagir aux propos tenus récemment par un animateur d’un média en ligne. Celui-ci a affirmé que le président Jovenel Moïse m’aurait demandé d’acheter, à un prix exorbitant, un immeuble appartenant à un ancien président de la République afin d’y installer le Fonds national de l’éducation (FNE). Il prétend même détenir des preuves issues de la Cour supérieure des comptes.
Ces affirmations sont fausses.

Je rappelle d’abord que le président Jovenel Moïse n’était ni à l’origine ni informé des démarches administratives ayant conduit à la location puis à l’acquisition de l’immeuble occupé par le FNE. Après la création de cette institution, celle-ci ne disposait pas de siège. Un partenaire international avait alors financé la location d’un bâtiment pour permettre son fonctionnement.
Lorsque le propriétaire, par l’intermédiaire de son avocat, a annoncé qu’il ne souhaitait plus renouveler le bail en raison de la mise en vente de l’immeuble, le Directeur général du FNE a entrepris les démarches nécessaires pour trouver un nouveau local.

Plusieurs bâtiments ont été visités, notamment à Pacot et à la ruelle Waag. Au terme de cette évaluation, l’acquisition du bâtiment déjà occupé par le FNE s’est révélée être la solution la plus rationnelle et la plus avantageuse pour l’institution.
Il est également indispensable de rappeler une réalité administrative souvent ignorée ou volontairement passée sous silence : le Fonds national de l’éducation est un organisme autonome. S’il est placé sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, cette tutelle n’implique aucun pouvoir hiérarchique du ministre sur le Directeur général du FNE. Les décisions relevant de la gestion de l’institution sont prises conformément aux dispositions légales qui la régissent.
Dire que cette acquisition aurait été ordonnée par le président Jovenel Moïse ou exécutée par Agénor Cadet est donc une contrevérité. Les documents existent.

Les procédures ont été respectées. Les principaux acteurs de ce dossier sont toujours vivants et peuvent témoigner des faits.
Dans un État de droit, la critique est légitime. La diffamation, elle, ne l’est jamais. La liberté d’expression ne saurait être un permis de déformer les faits ni d’accuser sans preuve.
Pour ma part, je n’ai jamais mêlé mon nom à des opérations frauduleuses, à des pratiques de corruption ou à des arrangements obscurs. Ceux qui avancent le contraire ont le devoir d’en apporter la preuve devant les instances compétentes plutôt que de se réfugier derrière les micros et les réseaux sociaux.
La mémoire du président Jovenel Moïse mérite mieux que les mensonges. La vérité mérite d’être défendue, non par fidélité à un homme, mais par respect pour notre histoire, pour nos institutions et pour la justice.

Pierre Josué Agénor Cadet

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