Haïti : jusqu’à quand les mêmes fossoyeurs de la République ?

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Pendant que le peuple haïtien lutte chaque jour pour survivre, une partie de la classe politique, elle, semble n’avoir qu’une seule préoccupation : survivre politiquement. Le pays s’effondre, les institutions disparaissent, l’insécurité gagne du terrain, mais les mêmes acteurs reviennent, comme si l’échec constituait désormais le meilleur passeport pour continuer à diriger.

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Pendant que le peuple haïtien lutte chaque jour pour survivre, une partie de la classe politique, elle, semble n’avoir qu’une seule préoccupation : survivre politiquement. Le pays s’effondre, les institutions disparaissent, l’insécurité gagne du terrain, mais les mêmes acteurs reviennent, comme si l’échec constituait désormais le meilleur passeport pour continuer à diriger.
La publication de la liste des dix-sept groupements politiques déjà inscrits au Conseil électoral provisoire (CEP) laisse un goût amer. Une question surgit aussitôt : Haïti est-elle condamnée à être gouvernée éternellement par les mêmes acteurs qui l’ont conduite dans l’impasse ?
À quelques exceptions près, ce sont les mêmes visages qui se succèdent depuis des décennies. Les mêmes dirigeants, les mêmes alliés de circonstance, les mêmes marchands d’illusions. Ils changent de discours, de coalition, parfois même d’idéologie, mais rarement de méthodes. À chaque crise, ils promettent la rupture. À chaque retour, ils reproduisent les mêmes pratiques qui ont contribué à l’affaiblissement de l’État et à la perte de confiance des citoyens.
Cette politique du ventre a fait de l’État une source de privilèges plutôt qu’un instrument au service de la nation. Quant à la politique du bas-ventre, elle réduit le débat public à des ambitions personnelles, des querelles de pouvoir et des calculs de carrière, pendant que la population paie le prix de l’insécurité, de la pauvreté et de l’absence de perspectives.
Une démocratie ne peut prospérer lorsque ceux qui prétendent la construire refusent toute remise en question. Le renouvellement de la classe politique n’est pas une revendication de circonstance ; c’est une condition essentielle pour restaurer la crédibilité des institutions et redonner confiance aux citoyens.
Mais avant même de débattre des candidats ou des programmes, une interrogation fondamentale demeure : les élections auront-elles réellement lieu ? Dans un pays où l’insécurité continue à menacer la vie quotidienne, où de vastes territoires échappent encore au contrôle de l’État et où la confiance envers les institutions est profondément ébranlée, le doute est permis. Annoncer un calendrier est une chose ; créer les conditions d’élections libres, inclusives, sécurisées et crédibles en est une autre.
Haïti mérite mieux que ce perpétuel recyclage politique. Une nation ne peut espérer un avenir différent si elle confie constamment son destin aux mêmes acteurs, sans véritable bilan ni remise en question. Le pays a besoin d’une nouvelle culture politique fondée sur la compétence, l’intégrité, la responsabilité et le sens de l’État. Sans cette rupture, nous continuerons à tourner en rond, avec les mêmes promesses, les mêmes désillusions et, malheureusement, les mêmes conséquences.

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Pierre Josué Agénor Cadet

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