Haiti: sommes-nous condamnés à répéter les mêmes erreurs ?

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Même si l’organisation des élections générales, tant attendues depuis belle lurette, demeure encore largement hypothétique — faute notamment d’une volonté politique réelle de rétablir la sécurité dans le pays —,

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Même si l’organisation des élections générales, tant attendues depuis belle lurette, demeure encore largement hypothétique — faute notamment d’une volonté politique réelle de rétablir la sécurité dans le pays —, le profil des candidats qui commencent déjà, pour certains, à faire campagne officieusement est pour le moins inquiétant.
Ces éventuels candidats, souvent présentés comme des « sauveurs » — même si la notion de « sauveur » n’a guère sa place dans le vocabulaire politique — sont de tous horizons. À l’exception de quelques rares personnalités, pas plus de deux, qui pourraient se prévaloir d’une certaine intégrité et d’une expérience administrative appréciable, on retrouve surtout d’anciennes hautes autorités de l’État dont le bilan est loin d’être convaincant, des serviteurs d’oligarques corrompus et des défenseurs acharnés d’un système qui a largement contribué à créer les problèmes auxquels le pays est confronté aujourd’hui.
À cette liste s’ajoutent les politiciens traditionnels, les opportunistes de tout acabit et même ceux dont les prises de position ou les pratiques semblent parfois davantage servir des intérêts particuliers que l’intérêt national. Et, à travers les réseaux sociaux, certains sont déjà habilement présentés comme les hommes ou les femmes capables de « sauver » Haïti.
Face à ce triste constat, une question s’impose : Haïti serait-elle condamnée à reproduire indéfiniment les mêmes erreurs ? Sommes-nous incapables de tirer les leçons de notre histoire et de distinguer, enfin, ceux qui aspirent à servir la nation de ceux qui ne cherchent qu’à conquérir ou à conserver le pouvoir ?
À force de confier notre avenir aux mêmes acteurs et aux mêmes réseaux, ne sommes-nous pas, finalement, les artisans de notre propre malheur ?
Haïti a-t-elle un châtiment à payer, ou sommes-nous simplement incapables de rompre avec le système qui nous condamne à tourner en rond ?

Par Pierre Josué Agénor Cadet

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