HAÏTI : ILS ONT ÉCHOUÉ. ET ILS VEULENT ENCORE NOUS GOUVERNER !

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Cinq ans d’échec, cinq ans de transition : qui veut encore nous faire croire au miracle ?

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Cinq ans d’échec, cinq ans de transition : qui veut encore nous faire croire au miracle ?

Il faut avoir beaucoup d’audace pour échouer pendant cinq ans et demander ensuite au peuple de vous reconduire aux affaires.
Il faut surtout avoir une mémoire politique particulièrement courte pour croire que le peuple haïtien acceptera indéfiniment le même scénario : les mêmes acteurs incompétents, les mêmes promesses fallacieuses, les mêmes arrangements… et les mêmes catastrophes.

Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, Haïti s’enfonce dans une crise dont les dimensions dépassent désormais le seul champ politique. Crise sécuritaire, crise institutionnelle, crise économique, crise sociale et politique : le pays est à bout de souffle.
Et pourtant, ceux qui ont eu la responsabilité de conduire les transitions successives viennent nous expliquer qu’ils seraient désormais capables de préparer l’avenir.
Vraiment ?
Après cinq années d’échec, faudrait-il encore leur donner les clés de la maison ?
Un État qui recule, des gangs qui avancent
Le bilan est difficile à maquiller.
Pendant que l’État recule, les groupes armés avancent.
Pendant que les institutions s’affaiblissent, les zones contrôlées par les gangs s’étendent.
Pendant que les citoyens fuient, certains responsables politiques continuent à négocier leur avenir électoral.
Voilà le paradoxe haïtien : le pays brûle, mais certains ont déjà commencé à choisir les meubles qu’ils emporteront de la maison.
Depuis 2021, les gouvernements de transition se sont succédé avec une mission affichée : rétablir la sécurité et créer les conditions d’un retour à la normalité institutionnelle.
Mais la normalité n’est jamais arrivée.
La sécurité non plus.
Et les élections ont toujours été repoussées.
Alors, soyons sérieux : une transition qui dure cinq ans sans parvenir à produire les résultats attendus n’est plus seulement une transition. Elle devient un système.
Et lorsqu’un système profite à certains, il faut avoir le courage de demander : qui a intérêt à ce qu’il perdure ?
Le grand bal du recyclage politique
Voici maintenant venu le temps des alliances.
Des alliances que personne n’aurait imaginées hier.
Des rapprochements qui feraient sourire si la situation du pays n’était pas aussi dramatique.
Des acteurs qui se sont combattus hier se découvrent soudain des affinités extraordinaires.
Pourquoi ?
Parce que l’élection approche.
Et lorsqu’approche le pouvoir, les principes deviennent parfois étonnamment flexibles.
En Haïti, certaines convictions politiques semblent avoir une durée de vie : jusqu’à la prochaine élection.
On retrouve les mêmes visages.
Les mêmes réseaux.
Les mêmes ambitions.
Les mêmes discours.
Avec, parfois, une nouvelle étiquette pour donner l’illusion de la nouveauté.
Mais le peuple doit poser une question simple :
Qu’est-ce qui a changé ?
Si les hommes n’ont pas changé, si les méthodes n’ont pas changé, si les alliances ne servent qu’à conquérir des postes, pourquoi faudrait-il croire que les résultats seront différents ?
Attention à l’arnaque du  » nouveau « 
Il faut se méfier du mot  » renouvellement « .
En politique, il peut parfois cacher une opération de recyclage.
On présente un ancien responsable comme une nouvelle figure.
On repeint une vieille alliance avec une nouvelle couleur.
On change le nom d’un regroupement.
On produit quelques slogans.
Et l’on demande au peuple d’applaudir.
Mais changer l’emballage ne transforme pas le contenu.
Haïti n’a pas besoin d’un nouveau décor politique.
Haïti a besoin de nouvelles pratiques.
De nouvelles exigences.
De nouveaux comportements.
Et surtout, d’une nouvelle conception de l’État.
Nous ne pouvons plus accepter que l’État soit considéré comme un butin électoral.
Le peuple doit reprendre son bulletin
Il faut le dire clairement : les élections sont indispensables.
Mais une élection n’est pas une fin en soi.
Une élection peut aussi devenir une formidable machine à reproduire l’échec lorsque le citoyen vote sous la peur, sous la pression, sous la manipulation ou sans véritable choix.
Le premier devoir des autorités est donc de créer les conditions d’un vote libre et sécurisé.
Le deuxième devoir revient au citoyen : ne pas oublier.
Ne pas oublier les promesses.
Ne pas oublier les échecs.
Ne pas oublier les responsabilités.
Ne pas confondre popularité et compétence.
Ne pas confondre discours et résultats.
Ne pas confondre alliance politique et projet national.
Et surtout, ne pas croire que celui qui prétend aujourd’hui libérer le pays est automatiquement innocent des désastres d’hier.
Dessalines nous regarde
Il y a quelque chose de profondément tragique dans l’histoire d’Haïti.
Les hommes et les femmes qui ont conquis notre liberté avaient compris une chose essentielle : une nation ne peut être souveraine que si elle est capable de décider de son propre destin.
Et pourtant, deux siècles plus tard, nous sommes encore confrontés à une dépendance politique et institutionnelle qui semble interminable.
Nous avons hérité d’une indépendance conquise au prix du sang.
Mais nous avons parfois gouverné comme si elle nous avait été offerte.
C’est là notre drame.
Et peut-être notre plus grande honte historique.
Dessalines n’a pas versé son sang pour que des générations de politiciens transforment la République en carrière professionnelle.
Il n’a pas combattu pour que le peuple soit éternellement spectateur de son propre malheur.
Cette fois, il faudra choisir
Le prochain cycle électoral, resté malheureusement toujours hypothétique, sera donc un test.
Pas seulement pour les candidats.
Pour le peuple également.
Car si nous reproduisons les mêmes choix, nous ne pourrons pas prétendre que rien ne dépend de nous.
Il faudra examiner les parcours.
Les résultats.
Les alliances.
Les financements.
Les responsabilités.
Les positions prises hier.
Les contradictions d’aujourd’hui.
Et surtout, poser cette question à chaque candidat :
 » Qu’avez-vous fait lorsque vous aviez le pouvoir de changer les choses « ?
Cette question devrait être affichée dans tous les bureaux de vote.
Parce qu’un peuple qui ne demande pas de comptes à ses dirigeants finit toujours par payer le prix de leur irresponsabilité.
Nous avons assez avalé
Haïti est fatiguée.
Fatiguée des transitions sans fin.
Fatiguée des promesses sans lendemain.
Fatiguée des gouvernements qui demandent du temps alors que le peuple n’en a plus.
Fatiguée des politiciens qui se découvrent patriotes à l’approche des élections.
Fatiguée des alliances qui changent au gré des intérêts.
Fatiguée surtout d’être toujours appelée à payer la facture.
Alors, cette fois, il faut changer la question.
Il ne faut plus demander :
 » Qui peut prendre le pouvoir » ?
Il faut demander :
« Qui mérite de recevoir le pouvoir « ?
La nuance est fondamentale.
Parce que le pouvoir n’est pas un trophée.
C’est une responsabilité.
Et la République n’est pas une propriété privée.
Le peuple doit se réveiller
Nous sommes arrivés à un moment où le peuple haïtien doit cesser d’être uniquement victime de son histoire.
Il doit devenir acteur de son avenir.
Il doit refuser le chantage du « vote utile « .
Il doit refuser les candidats imposés.
Il doit refuser les vieux réflexes.
Il doit refuser le recyclage politique.
Il doit exiger des comptes.
Il doit exiger des résultats.
Il doit exiger une véritable rupture.
Car après tant d’échecs, continuer à faire confiance aveuglément aux mêmes responsables ne serait plus de la naïveté.
Ce serait une complicité avec notre propre malheur.
Alors oui, la question demeure.
Elle est brutale.
Elle est dérangeante.
Mais elle est nécessaire :
HAÏTI EST-ELLE CONDAMNÉE À AVALER ÉTERNELLEMENT LA VOMISSURE DE SA CLASSE POLITIQUE ?
Non.
Mille fois non.
Mais pour que cette réponse devienne une réalité, il faudra enfin que le peuple comprenne une vérité élémentaire :
on ne construit pas une nouvelle Haïti avec les vieilles recettes qui ont détruit l’ancienne.
Le changement ne viendra pas d’un nouveau slogan.
Il ne viendra pas d’une nouvelle coalition.
Il ne viendra pas d’une nouvelle promesse.
Il viendra lorsque le peuple décidera de ne plus être trompé.
Et ce jour-là, ceux qui ont échoué devront comprendre une chose :
le peuple peut pardonner beaucoup de choses. Mais il ne devrait jamais être condamné à oublier.

Par Pierre Josué Agénor Cadet

1 a réfléchi à «HAÏTI : ILS ONT ÉCHOUÉ. ET ILS VEULENT ENCORE NOUS GOUVERNER !»

  1. poukisa se an franse tout refleksion sa yo ap pibliye ? Sa sanble , moun ki ka ekri an franse nan peyi a, yo bliye si 100% moun ki konn li nan peyi sa , yo tout ka lir nan lang Ayisyen kreye a.
    Kreyòl la se on lang ofisyèl ki soude tout Ayisyen. oh . Fò pratik eksklizion yo chanje nan tout nivo wi nan peyi sa !

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