La Constitution de 1987 amendée, en son article 155 et suivants, fait du Premier Ministre le garant de la bonne marche des institutions. Le Premier Ministre est le chef du Gouvernement. Il est responsable de la politique générale de la Nation. Il est le fusible entre le Président et le peuple.

Voilà que le Premier Ministre de facto du pouvoir pseudo-céphale, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, joue la comédie avec la Justice. Une comédie de mauvais goût. Une tragédie jouée comme une farce.
Il se prend pour le dramaturge. Il joue la pièce de Corneille. Le Cid. L’illusion comique. Mais le peuple haïtien, lui, ne rit pas. Il pleure. Il saigne à Pont-Sondé, à Carrefour, à Delmas, à Bochereau.
Scène 1 : L’Hôtel Karibe. Le Forum.
Le Ministère de la Défense a lancé un forum de trois jours autour du thème : « Haïti, quelle armée ? »
Quelle armée ? Quelle question ! Pendant que l’on discute de l’armée de 2030 dans la climatisation de Pétion-Ville, les gangs contrôlent l’Artibonite. Pendant que l’on fait des PowerPoint sur la doctrine militaire, les paysans de Verrettes ne peuvent plus transporter leur riz. Voilà l’armée qu’il nous faut : une armée qui reprend Pont-Sondé, pas une armée qui fait des séminaires.

Scène 2 : À la sortie de l’Hôtel. La rencontre.
À la sortie de l’Hôtel Karibe où se tenait ce forum, le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé croise l’ancien Député de Delmas et militant politique Arnel Bélizaire.
Sur un ton manifestement surpris, en voyant le député libre, le Premier aurait scandé :
« N’est-ce pas que tu es libre ? »
Puis, tournant la tête pour chercher son Ministre de la Justice, il déclare, comme une boutade, comme un aveu :
« Où est le Ministre de la Justice ? Il n’y a pas de justice dans ce pays ! »
Quelle audace ! Quelle horreur !
L’analyse juridique de l’audace.
Quand le Chef du Gouvernement lui-même, le garant de la bonne marche des institutions selon la Constitution de 1987 amendée, déclare en public : « Il n’y a pas de justice dans ce pays », que doit comprendre le peuple ?
- C’est un aveu d’échec. Si le Premier Ministre avoue qu’il n’y a pas de justice, qui est responsable ? Qui doit démissionner ?
- C’est une insulte à ses propres juges. 500 juges anonymes à 3000 dollars que nous proposons dans notre Tribunal Spécial Anti-Gangs travaillent dans la peur. Et leur propre Chef dit qu’ils n’existent pas.
- C’est une moquerie envers Arnel Bélizaire et tous les prisonniers. Dire « N’est-ce pas que tu es libre ? » à un homme qui a connu la prison, c’est transformer la justice en spectacle. C’est du théâtre de boulevard avec le sang du peuple.
Corneille écrivait : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Monsieur le Premier Ministre, à gouverner sans justice, on gouverne sans peuple.
L’HORREUR :

L’horreur, ce n’est pas que le Premier Ministre fasse une blague.
L’horreur, c’est qu’il ait raison. Il n’y a pas de justice dans ce pays. 85% de détention préventive prolongée. Des prisons à 400% de capacité. Des gangs qui jugent à Pont-Sondé, à Croix-des-Bouquets à la place des tribunaux.
L’horreur, c’est qu’après 33 ans de présence de l’ONU, de la MINUHA au BINUH, après 8 milliards dépensés pour « maintenir la paix », le Premier Ministre de facto lui-même constate l’effondrement.
L’horreur, c’est que pendant que l’on organise un forum « Haïti, quelle armée ? » à l’Hôtel Karibe, il n’y a pas un seul soldat haïtien à l’entrée de l’Artibonite pour sécuriser le riz qui nourrit le pays.
L’horreur, c’est quand 40 familles de Kenscoff viennent d’être endeuillées et ne seront jamais libre de leur douleur!

L’horreur,c’est qu’à Montagne Noire, entre Kenscoff et Pétinville, un foyer de gangs s’est installé, des voleurs de moto, des kidnappeurs
Quelle audace de jouer Corneille quand le peuple vit Sophocle ! Quelle horreur de rire de la justice quand le peuple meurt de l’injustice !
De Bochereau, 5e section communale de Saint-Marc, où je suis né le 29 Avril 1967, je le dis : On ne construit pas une armée dans un hôtel de Pétion-Ville. On la construit en reprenant Pont-Sondé, Kafou Lavil, Jean Denis, Liancourt, Mirebalais, KafouPèy, Village de Dieu, Bas Delmas, Pernoer, Croix des Bouquets. On ne restaure pas la justice par une blague. On la restaure par le Tribunal Spécial Anti-Gangs de 500 juges anonymes et le MIAPP de 200 postes souverains.
Le reste, c’est de la comédie. Et le peuple haïtien n’a plus envie de rire.
Par Prof. Edner Maillette
Ancien Conseiller Juridique Primature – DGPNH
Palm Harbor, Florida – Août 2026
De la Craie à l’Excellence – EMAS 1998
