HAÏTI : LOUFOUQUE ET FOLKLORE À L’ÉVIDENCE
En effet, il n’y a pas de doute: le loufoque et le folklore sont en plein chez nous. Ils y sont dans toute leur splendeur et se manifestent à tous les niveaux. Ils se joignent à l’incroyable pour signaler, pour indiquer que l’aboutissement du déclin de la société haïtienne est à son comble et dépasse même les limites prévues.
En effet, il n’y a pas de doute: le loufoque et le folklore sont en plein chez nous. Ils y sont dans toute leur splendeur et se manifestent à tous les niveaux. Ils se joignent à l’incroyable pour signaler, pour indiquer que l’aboutissement du déclin de la société haïtienne est à son comble et dépasse même les limites prévues.

On aura entendu et assisté à d’incroyables événements. On sera, par exemple, témoin du retour d’un œuf dans les entrailles de la poule. Qui eut dit, eut cru, eut même imaginé que l’américain matraqué « on the right, on the left » par un féroce anti américain haïtien, aurait eu la chance, le grand honneur de ramener cet illustre braqueur, cet incomparable verbeux sur la terre de DESSALINES contre, en retour, toutes les louanges, tous les mots flatteurs dus charlemagnepéraltement à ceux qui ont jadis assassiné Charlemagne PÉRALTE qui avaient fait 1915.
Au pays des grands miracles, on aura tant vu, on aura tout entendu. On aura vécu toutes sortes d’histoires les unes plus cocasses que les autres. Les unes plus surprenantes que les autres.
En tout cas, incroyables, mais souvent très vraies. C’est tout à fait vrai qu’Anténor FIRMIN, docteur Rosalvo BOBO, Clément JUMELLE, Louis DEJOIE, Marc BAZIN n’ont pas pu être Présidents alors qu’un musicien dévergondé, vendeur et consommateur de cocaïne et un violent destructeur, un agressif pyromane l’ont été. N’est ce pas l’apanage de la médiocrité, de l’inconsistance et de l’analphabétisme d’un peuple inculte et pauvre, très vulnérable, très « achetable »? La démonstration du sens dessous-dessus. L’envers des cieux mais un envers des cieux dans un autre contexte. Pas celui dans lequel un enfant s’émerveille devant la beauté des cieux mais un tout autre envers qui exprime une situation suivant laquelle l’impensable occulte, tacle le bon sens. Le gros bon sens haïtien réduit à la simple capacité, à la simple stratégie de fuir la mort au quotidien. La mort qui n’a pas de jour pour frapper, pour tuer. Un mort-vivant qui sent venir sa fin et qui joue à l’intelligent. Qui exploite la faiblesse des « devenus gagas, demeurés ».
LE FOLKLORE ET LE LOUFOQUE
Le folklore et le loufoque rendus à un niveau tel, chez nous, qu’un chef de gang connu pour sa cruauté, se croit autorisé à faire publier une note suivant laquelle il se portera éventuellement responsable de l’édilité de LA CROIX DES BOUQUETS. Il y croit, semble-t-il, fermement. Et les observateurs qui suivent en silence la marche des choses, s’inquiètent et souhaitent ardemment qu’il s’agirait tout simplement d’une rumeur, d’un ouï-dire, d’un ragot, d’un bobard monté de toute pièce pour provoquer la diversion, une bête stratégie, un cri de cygne poussé par un désespéré qui regarde la mort en face.
Analphabète, pas même fonctionnel, dans le cas où ce serait vrai, assurément prendrait en exemple quelques prédécesseurs pleins d’audace qui avaient le toupet d’exploiter la naïveté du peuple pour se faire hisser à un niveau inespéré.

Se souvenant des exploits du Président du compas, chef des bandits légaux et des charlemagnepéraltement envolées d’un démagogue désensoutané, il se met certainement en tête qu’avec son argent amassé au cours de ses activités douteuses dont le kidnapping et autres, il est capable, comme les autres de réaliser son rêve.
On prétend que devenu maire, il ne fera pas long feu au poste car il ambitionne sur le pain bénit, lui aussi, de devenir Président. Pour cela, fort de ses billets verts, rançon de kidnapping, qu’il aura distribués, il se fera ovationné et choisi Président par acclamations. Rien n’est impossible. Dans le pays des grands miracles, rien n’est infaisable. Je répète encore une fois le mot de feu Me Gérard GOURGUE qui disait que chez nous, en Haïti, avec l’argent on achète tout: les corps, les cœurs et même les consciences. Le bandit a déjà conquis, par la peur et la pauvreté, le respect et une fausse admiration qui lui valent de croire que mieux que les autres il est capable de conduire vers les urnes une marée humaine qu’il est en mesure de faire bouger comme on fait danser le chien en se battant les mains.

Haïtiennes, haïtiens : l’heure est grave. Nous sommes responsables du malheur de notre pays. Soyons de nouveaux haïtiens… Pleurons nos morts, essuyons nos yeux, regardons-nous dans un miroir,faisons notre mea-culpa et acceptons ensemble que c’est tout simplement notre mentalité qui nous divise et cause notre perte.
Changeons de mentalité. Ne croyons plus qu’il faut que certains ne soient rien, réduits en sous-humains pour que vous, vous soyez quelqu’un.
Que chaque haïtienne et chaque haïtien soit une femme ou un homme digne de ce nom et comme par miracle, dans le respect, dans l’union et dans l’amour, nous vivrons ensemble en pleine harmonie.
Dès lors, notre HAÏTI, autrefois belle et prospère, retrouvera son angle de repos selon les vœux de feu Anthony PHELPS. Alors notre pays ne sera plus la risée de l’International, ne sera plus le haut lieu du folklore et du loufoque
Par Me MAURICE CELESTIN-NOEL
LECHAPEAUTEUR
